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La Croix - 7 octobre 2005 Portrait

Marie Rivère, le naturel d'une timide

Article de Bruno Bouvet

Marie Rivière © François RaybaudTrop rare au cinéma, l'égérie d'Eric Rohmer est éclatante sur la scène de l'ARTicle à Paris où elle interprète "Dans la peau d'Elisa", en compagnie de Jonathan Hume. Dans ce texte émouvant de Carole Fréchette, elle exprime l'étendue d'une sensibilité qui s'accorde mal à l'image rohmérienne qu'elle continue à porter.


A l'ARTicle, petite salle feutrée où se produit Marie Rivière, aucun espace ne sépare la comédienne du public. Ce contact direct l'impressionne autant qu'il la stimule. "Les timides peuvent se permettre des choses que les autres n'osent pas", confie-t-elle, en songeant à un conseil que lui avait donné une amie au temps où elle faisait ses début au cinéma chez Rohmer. "Elle m'avait dit d'être naturelle, ce qui est sans doute la chose la plus difficile à accomplir..."

La lumineuse interprète de La Femme de l'aviateur et du Rayon vert y parvient avec grâce et légèreté, prêtant sa voix au texte de la Québécoise Carole Fréchette, Dans la peau d'Elisa. Elle conte des histoires d'amour, simples et émouvantes, comme si elle engageait une conversation intime avec chacun des spectateurs. "Je suis attentive à tout le monde parce que je me sens obligée de donner quelque chose", affirme-t-elle spontanément. Puis elle se reprend. "Oh non, je n'aime pas cette phrase : trop sentimentale, trop emplie de fausse naïveté."
Hypersensible, Marie Rivière quête la perfection, entre élans spontanés et émois intérieurs. Grandie dans une petite cité à Montreuil, dans la proche banlieue parisienne, elle porte cette image éternelle de "rohmérienne", intellectuelle et torturée. "Personne ne veux croire que je suis une "prolo" alors que j'ai été marquée à vie par l'humanité de la classe ouvrière. Elle s'est battue pour nos droits et je ne l'oublie pas". Les metteurs en scène et les réalisateurs seraient bien inspirés d'exploiter l'énergie qu'elle masque derrière sa longue chevelure et ses manières de petite fille. Pour l'instant, le téléphone ne sonne guère - on la verra bientôt dans Le temps qui reste de François Ozon - et elle ne s'en cache pas. "J'aimerais tant jouer sur scène avec les autres", dit-elle avec une simplicité si rare dans le métier. C'est pour ce plaisir-là qu'elle a quitté le monde du travail où elle "étouffait". Institutrice, puis vendeuse, elle se paie l'audace d'envoyer un petit mot et une photo à Eric Rohmer. Il la reçoit. "J'étais très seule, je n'avais plus de confort matériel mais il était plus rassurant pour moi d'être dans cette incertitude". Elle continue à assumer ce paradoxe, anxieuse et libre.


A l''ARTicle, 41, rue Volta, 75003 Paris.
Tous les vendredis jusqu'au 16 décembre 2005, à 19h30.
Tarif unique : 15 euros ; TR : 10 euros.
Réservations au 01.42.78.38.64

Contact : Service de presse - Michèle Latraverse latraverse@noos.fr