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Marie Rivière  © DR


P r e s s e


Le Figaro - 29 septembre 2005 Marie des esprits
" Dans la peau d'Elisa " de Fréchette

La critique d'Armelle Héliot

Dans le foisonnement d'une rentrée théâtrale qui réserve bien des bonheurs, une étoile scintille. C'est au sous-sol d'un lieu récemment ouvert, galerie avec petite salle, espace peu propice à l'exercice serein de l'art dramatique, autant le dire, mais qui a le mérite d'autoriser une proximité ici parfaitement tenue.
Marie Rivière est cette étoile. Elle interprète un texte de la Québécoise, écrivain bien connue en France, Carole Fréchette. Et ce texte Dans la peau d'Elisa est d'une encre profonde, d'une facture originale. Il ne s'agit pas d'un simple monologue, même si la part essentielle est celle d'Elisa. Un interlocuteur apparaît et disparaît, revient, que Jonathan Hume, belle présence de jeune homme, interprète avec tact et précision.

L'Américaine Carole Anderson, metteur en scène intelligente et clairvoyante, a su trouver un bel équilibre, musical et très discrètement érotique, entre ces deux partitions.
Histoire de solitude, de peur devant le temps qui passe, de plis qui disent que la jeunesse s'est enfuie et la beauté peut-être, mais ces plis, attention, ne sont pas les rides qui creusent les plus beaux visages. Ils sont l'image de ce qui se ferme et se chiffonne, ce qui noue, ce qui sépare. Ils sont le signe de la rétractation de l'âme, aussi, et c'est le secret de la narratrice, il faut lui parler, s'ouvrir aux autres pour que les plis s'effacent.
Simple, il s'agit d'un moment simple. Quelques chaises alignées en deux-trois rangs, une pièce en longueur, basse de plafond, éclairées sommairement. Paraît Marie Rivière qui chantonne doucement off. Dans un petit ensemble léger d'été, ballerines aux pieds. Sans autres fards que les boucles qui encadrent son visage pur, ses sourires désarmants et son regard clair et intense. Et puis cette voix. Cette voix si jolie, teintée pour jamais d'enfance.

Mais Marie Rivière n'est pas simplement pure présence et charme. Elle est une actrice. Elle joue. Elle interprète. Elle maîtrise l'émotivité que traduisent les mots, elle tient à distance ce qu'il pourrait y avoir de pathétique dans ce récit, ses aveux, ces histoires. Elle est Marie des esprits qui de brèves épiphanie fait récits mythologiques. Elle est drôle, en plus. Elle n'oublie jamais les sourires et les rires d'Elisa.

Rarement on a vu Carole Fréchette aussi bien traduite. L'accord de l'équipe artistique est remarquable et, à la fin, off, on entend la voix de l'écrivain, qui explique en quelles circonstances elle a donnée vie et mots à Elisa.

C'est très beau.


A l'ARTicle, 41, rue Volta, 75003 Paris.
Le vendredi à 19h30 précises.
Le 30 septembre, les 7, 14, 21, 28 octobre ; 4, 11 ,18 et 25 novembre. ; 2, 9 et 16 décembre

Tél : 01.42.78.38.64.
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Contact : Service de presse - Michèle Latraverse latraverse@noos.fr